
Economie
OBSERVATOIRE NATIONAL DU TRANSPORT SANITAIRE : QUELLES PERSPECTIVES DANS UN CONTEXTE POLITIQUE ET FINANCIER DEGRADE
La croissance régulière, même ralentie, de l’activité, permettra-t-elle de dégager des marges de manœuvre pour assurer la pérennité du secteur ?
OBSERVATOIRE NATIONAL DU TRANSPORT SANITAIRE : QUELLES PERSPECTIVES DANS UN CONTEXTE POLITIQUE ET FINANCIER DÉGRADÉ
par Marc Basset, RYDGE, Associé, Directeur
La croissance régulière, même ralentie, de l’activité, permettra-t-elle de dégager des marges de manœuvre pour assurer la pérennité du secteur ?
Le secteur d’activité reste en croissance en 2024, + 4.88 %, l’effet prix représente les 2/3 de cette croissance du chiffre d’affaires. L’avenant conventionnel n°11 et sa mise en œuvre à compter du 8 novembre 2023 et au 1er janvier 2025 a pris le relais des aides financières conjoncturelles.
La demande croissante de services de transport sanitaire s’est toutefois poursuivie en 2024. Les besoins de la population et les évolutions de l’organisation des soins conduisent à un accroissement mécanique de la demande. Cet accroissement est observé dans le chiffre d’affaires du panel de l’observatoire en 2024 à hauteur de + 1.9 % (hors effet prix).
Après une période de forte inflation, les coûts des entreprises ont été maîtrisés, en 2024, le coût des moyens principaux permettant aux entreprises de délivrer leurs prestations, a reposé sur :
- les frais de personnel, 64.5 % du chiffre d’affaires, les NAO ont eu un impact sur l’accroissement de la masse salariale de + 4.2 % en valeur,
- le coût du parc, 14.64 % du chiffre d’affaires, dépend, d’une part, du coût des véhicules, 5.63 % du chiffre d’affaires, et, d’autre part, du coût des carburants, à hauteur de 4.91 % du chiffre d’affaires, ce taux n’avait pas été inférieur à 5 % depuis quelques années.
En 2025, les coûts devraient croître moins vite :
- les coûts salariaux devraient croître de l’ordre de 1.5 %,
- le coût du carburant reste complexe à projeter,
- le coût des véhicules et de leur financement restera à la hausse,
- l’inflation 2025 devrait se stabiliser autour de 2 %.
La mise en œuvre de l’UPH est un succès reconnu par la chaîne de soins. La revalorisation de la rémunération de l’UPH issue de l’avenant 10, en lien avec la refonte du système de permanence en H24, est impactante sur les tarifs mais n’a pas permis de trouver un équilibre d’exploitation. L’activité est déficitaire pour les entreprises, ce qui fragilise un grand nombre d’entre elles et pourrait compromettre la réforme. La sauvegarde de l’UPH passe par une sectorisation qui doit être ajustée ; le RMG, actuellement de 64 €, devrait se situer près de 85 € pour couvrir le coût des moyens engagés. Des solutions de rémunération orientées activité, voire coûts fixes-coûts variables, pourraient être projetées en parallèle de la suppression du lissage.
En ce qui concerne les personnels ambulanciers, on constate, d’une part, à l’instar des autres professions de santé, que certains ambulanciers quittent la profession, épuisés par la crise sanitaire, et, d’autre part, que l’offre de travail baisse globalement comme le constate tous les instituts observant le marché du travail. Pour pouvoir faire face à une demande de transports sanitaires qui s’accroît, il est impératif de rendre la profession attractive, il était donc indispensable, entre autres, de revaloriser les personnels ambulanciers, et, en particulier les DEA. Ceci a été fait en essayant de préserver les équilibres d’exploitation.
En ce qui concerne le coût lié au parc de véhicules, les tensions restent fortes. Les constructeurs automobiles maintiennent des prix nettement supérieurs aux prix d’avant la crise sanitaire. Toutefois, la situation très tendue de 2022 tend à s’améliorer avec des délais de livraison qui raccourcissent et un coût de financement à la baisse.
« La mise en œuvre de l’UPH est un succès reconnu par la chaîne de soins mais reste déficitaire pour les entreprises ! »
Les projections d’exploitation pour 2025 amènent à estimer une tendance à la baisse des résultats des entreprises de l’ordre de 35 à 40 %.
Un nouvel écueil pointe, la dégradation des finances publiques, et, en particulier, le déficit de l’Assurance Maladie avec deux points forts :
- une demande d’économie sur les dépenses de transports sanitaire de 150 M€,
- un avis du Comité d’Alerte sur la dérive des dépenses de l’Assurance Maladie en 2025.
Des mesures novatrices sont à l’étude pour renforcer les mesures déjà prises :
- transport partagé,
- ticket modérateur.
D’autres mesures impactant directement les tarifs conventionnels pour les entreprises non certifiées pourraient également être décidées de manière unilatérale par l’Assurance Maladie.
En 2025, dans ce contexte de croissance ralentie de l’activité et de résultats baissiers, les transporteurs sanitaires, professionnels de santé, doivent de plus en plus se focaliser sur la gestion de leurs entreprises. La mutualisation des moyens et l’optimisation de leur utilisation au sein de la chaîne de soins sont indispensables.
Retrouvez l’intégralité de l’Observatoire du transport sanitaire 2025
Cette étude, réalisée par Marc Basset, Associé RYDGE Conseil, expert-comptable spécialiste du Transport Sanitaire, est utilisée régulièrement par les sociétés d’ambulance pour mieux comprendre leur secteur et par les institutionnels pour suivre l’évolution de la profession. Vous pouvez accéder aux éditions précédentes.
Alors n’hésitez plus ! Envoyez un mail à hazzi@rydge.fr en indiquant en Objet : Participation Panel Observatoire ou téléchargez le document ici (à partir du 18 septembre 2025) :
Lien du QR code pour le téléchargement de l’étude :

Marc Basset - Associé RYDGE Conseil
